sentiment serein
Elle regardait au loin…Le champs de fleurs s’étendait aussi loin que ses yeux la portaient…Des touches de couleur vives éparpillées de ci de là comme un tableau de Monet éclaboussaient les différents tons de verts et de jaunes qui s’étalaient. Cette contemplation la ravissait et lui apportait un tel apaisement qu’elle s’imprégna de cette vue à l’infinie, de ce bonheur de couleurs..
Son humeur lui soufflait de s’unir à ce bonheur simple et elle se coucha dans l’herbe, ressentant la chaleur du sol rayonnant vers son corps.
Les herbes plièrent, l’accueillirent, comme un bijou retrouve son écrin d’origine. Sa chevelure s’éparpilla parmi les herbes folles. Elle s’entoura de coquelicots, de bleuets, de pois de senteur, de marguerites, d’achillées, de boutons d’or, de campanules…Amies aux senteurs discrètes et aux éclats chaleureux…

Le ciel était si bleu, son regard s’y noya, elle sourit savourant la caresse du soleil sur son visage, percevant la douceur de la brise, soulevant sa robe d’été, venant effleurer ses mollets.
Elle était bien, si bien…Elle esquissa un sourire de tendresse, s’enchantant du ballet de deux papillons, allant et venant de fleurs en fleurs, butinant, puis voletant l’un vers l’autre, se frôlant, se caressant comme deux amants épanouis, amoureux.
Elle suivit du regard, une abeille active, abondamment recouverte de pollen, travailleuse acharnée, petit bourdonnement infatigable qui suit son chemin. Une coccinelle se posa sur sa main, repliant ses ailes, exhibant sa jolie robe rouge à pois, petite bête à bon dieu, messagère de tous les secrets, elle souffla sur sa main, et la regarda reprendre sa route vers d’autres horizons…Tout était si harmonieux, si cohérent qu’elle prit une grande goulée d’air, se sentant plus vivante que jamais, plus épanouie, plus sereine…Elle ferma les yeux et s’endormit dans le bourdonnement des insectes et sous les enlacements des plantes confidentes…