06 décembre 2009
chambre 8/5
Ils se rajustèrent et il l’entraîna à nouveau, main dans la main, ils firent un détour par la pharmacie pour chercher quelques préservatifs. Puis allèrent à l’hôtel. Un petit hôtel sympathique donnant sur la rue principale, sans aucune prétention. C’est avec naturel qu’il réserva une chambre avec un grand lit. On leur alloua la chambre numéro 8 …
Il la fit entrer. Il voulut se défaire de sa paire de chaussures, mais elle se jeta sur lui. Loin de se laisser surprendre, il la plaqua contre le mur en l’embrassant, laissant son désir d’elle, déferler. Il caressa sa tendre humidité tout en la dévorant de baisers puis défit lentement la fermeture éclair de la veste qui enserrait ses seins. Cette fermeture éclair était devenue une obsession au fur et à mesure de leur discussion, au fur et à mesure de leur promenade. Cette femme était un appel à l’acte charnel dans toute sa splendeur. On ressentait son désir, ses envies, son statut de femme dans ses postures, dans ses gestes, dans son habillement, même dans sa voix ou à travers son parfum. Elle allait le rendre fou. Il libéra ses seins de leurs entraves de dentelle et entreprit de goûter ses mamelons dressés de désir.
Pendant qu’il la caressait, la faisant gémir, elle défit les boutons de sa chemise un par un, le libérant, et découvrant son torse aux doux poils…Agile, elle défit son ceinturon, les boutons de son jeans. Son désir la menait et rien ne lui paraissait insurmontable, d’ailleurs rien n’aurait pu l’arrêter à cet instant.

Puis il l’attira à lui, et elle en profita pour le pousser sur le lit…Etendu, il était à sa merci, elle le déshabilla, avec une lueur gourmande dans les yeux, et un soupçon de menace. Il s’étendit de tout son long, nu et l’attira à lui. Elle se défit de son soutien gorge et il profita de ses seins pendant qu’elle avait les mains dans le dos. Il l’embrassa encore et encore, ne se lassant pas du goût de ses lèvres, de la tendresse de sa langue.
« Suce-moi »
Elle se pencha vers sa queue, la léchant sur toute sa longueur en le regardant une lueur de défi dans les yeux.
« Peut être… »
Il sourit, quelle délicieuse garce, elle savait ce qu’elle voulait.
« Hmmmmmmmm tu me donnes du plaisir d’abord et je te suce ensuite »
« Soit tu l’auras voulu ! »
05 décembre 2009
chambre 8/4
Il la prit par la main, elle se laissa emmener, elle plaisanta, cherchait-il une porte cochère pour la coincer et rendre leurs ébats plus pimentés ?
Il rit, oui il aurait aimé. Puis il s’arrêta, et l’enlaça, la prit dans ses bras et reprit possession de sa bouche qu’il devinait gourmande, qu’il explorait avidement. Elle lui murmura qu’elle avait envie de lui. Oui, lui aussi, avait terriblement, furieusement envie d’elle.
Ils continuèrent leur chemin, main dans la main, appréciant le temps clément, se laissant bercer par un sentiment de plénitude mêlé d’excitation. Il s’arrêta encore une fois, goûtant sa bouche, la savourant, pressant son corps aux douces courbes contre le sien. Elle se colla contre lui, passant ses mains autour de sa taille, tirant sur sa chemise pour aller au contact de sa peau, glissant ses mains chaudes dans la ceinture de son pantalon, remontant le long de son dos, l’éraflant de ses ongles, le caressant de ses doigts fins. Elle avait envie de lui, elle en voulait plus.
Il l’arrêta, essoufflé. Cette diablesse avait mis ses sens en fusion. Il plaisanta sur les bancs si propices aux débordements amoureux.
Alors ce fut à son tour à elle de l’entraîner au fond du parc, à l’abri des regards, sur un banc au bord du chemin. Elle s’assit et se tourna vers lui, il s’assit s’inclinant vers elle, il l’embrassa fougueusement, laissant sa main glisser le long de ses bas, remonter jusqu’à son entrecuisse. Elle soupira et se blottit tout contre lui. Elle gémit lorsque ses doigts écartèrent son shorty en dentelle pour venir caresser sa moiteur. Elle était humide de désir pour lui.

Il la caressa encore et encore. Elle haleta devant les vagues de désir qui la submergeaient. Elle voulait cet homme, elle voulait ses doigts en elle, sa langue en elle, sa queue en elle, sans concession. Elle se sentait brûlante et fragile, désirable et chancelante.
Son long manteau noir les mettait à l’abri des regards indiscrets, et elle s’enhardit à défaire son ceinturon, et un à un les boutons de son jeans. Elle saisit sa queue tendue et la caressa. Ce fut à son tour de soupirer, de se laisser aller.
Il jouissait de ses caresses, tout en la caressant. Elle eût une envie irrépressible de prendre sa queue dans sa bouche et de le sucer. Elle eût envie de s’agenouiller à ses pieds et se délecter de son membre. Elle le lui dit. Il gémit.
« Il devient urgent de trouver un hôtel, ma chérie. »
« Oui je suis d’accord avec toi, j’en ai très envie ! »
« Viens… »
04 décembre 2009
chambre 8/3
Ils descendirent un escalier menant vers un sentier. Trois marches avant la fin, elle s’effraya d’un chien, un grand labrador noir qui passa sur sa gauche et qu’elle n’avait pas entendu, et dans la seconde qui suivit, un autre labrador clair passa sur sa droite la bousculant, la faisant vaciller. Attentif, il la retint de justesse par le coude et la soutint avant qu’elle ne perde totalement l’équilibre. La maîtresse du chien s’excusa, confuse. Elle sourit, heureusement qu’il avait été là, elle aurait pu tomber.
Ils continuèrent sur le chemin, se jaugeant, aucun des deux ne faisaient de geste pour aller vers l’autre mais c’était un jeu, et ils étaient joueurs tous les deux. Lorsqu’ils virent que ce chemin ne menait nulle part, ils décidèrent de faire demi-tour, pour se retrouver face aux deux femmes qui promenaient leurs chiens. Un jeune chien labrador noir, se lança dans une course effrénée vers elle, et elle n’eut que le temps de faire un pas en arrière avant que celui-ci ne se jette sur elle, les pattes en avant laissant deux traces brunâtres sur son manteau de feutre noir. La propriétaire accourut, confuse, grondant le chien, elle lui tendit un mouchoir pour réparer les dégâts. Elle sourit, indulgente, frottant son manteau pour en ôter toute trace. Cela les fit rire tous les deux. Il argua que décidément, elle ne laissait personne indifférent.

C’est le moment qu’il choisit, pour s’arrêter face à elle, la regarder dans les yeux, et se pencher sur ses lèvres, les agaçant d’un léger picorement. Elle s’approcha de lui, et le jeu se transforma en long baiser, leurs lèvres se goutaient, leurs langues s’aspiraient, se caressaient. Elle se blottit contre lui, sentit son désir tout contre son bassin. Ils se séparèrent à regret, affamés l’un de l’autre.
« Viens, il est trop tôt pour aller dans un hôtel. »
« Où m’emmènes-tu ? »
« Allons au parc… »
« Hmmmmmmmm si tu veux »
03 décembre 2009
chambre 8/2
Il commanda un café, elle prit un chocolat chaud, elle se régala, tout en restant troublée par sa proximité. Ils parlèrent de leurs vies, de leurs obligations, de leurs galères, retombèrent très vite dans cette complicité intellectuelle qui les avait charmé lorsqu’ils s’étaient croisés sur un tchat anonyme.
Elle l’observa, notant sa chemise noire, sa cravate noire, des goûts simples mais sûrs.
Il prit le temps de l’observer, sa longue chevelure de feu qui cascadait sur ses épaules, sa poitrine moulée dans une veste cintrée noire qui dévoilait la naissance de ses seins et qui déjà le faisait bander. Il salivait d’avance à l’idée d’actionner le curseur de la fermeture éclair de sa veste afin de découvrir ses seins voluptueux, qu’il devinait majestueux. Son maquillage discret, ses lèvres rouges qui appelaient à être baisées, l’éclat indéfinissable de ses yeux, ses mains fines aux ongles soignés qui caressaient le bord de sa tasse, geste anodin qui éveillait en lui, l’envie de la prendre dans ses bras.
Et ses jambes…Ses jambes finement gainées de soie noire, ses chevilles fines, ses mollets galbés, sa jupe virevoltant autour de ces attributs, et puis ses chaussures, de fins escarpins noirs aux talons démesurés. Il avait envie d’elle, la caresser, l’embrasser, lui faire l’amour. Mais il se devait de rester prudent, il la devinait instinctive, excessive, impulsive, et le moindre faux pas lui serait fatal.

Le soleil brillait, une brise automnale légère soufflait. En sortant du bar-café, il lui proposa une ballade. Ils se dirigèrent vers le centre ville et décidèrent, de descendre pour se promener le long de la rivière tout en devisant de tout et de rien.
02 décembre 2009
chambre 8/1
Elle était sur la route, entre l’appréhension, l’excitation, l’envie, la crainte de donner corps à une voix, une photographie figée, mais surtout celle de se confronter physiquement à des milliers de mots échangés, vécus et ressentis. Elle allait au devant de cet homme, dont elle ne connaissait rien ou à peine, mais qui avait su éveiller son désir…Elle se posait beaucoup de questions, avait des hésitations qu’elle balayait d’un revers de la main, se refusant à anticiper ce qu’il adviendrait de ce rendez-vous !
Il l’appela juste avant qu’elle n’arrive, cette voix chaude, hypnotisante, qui la faisait frissonner…Elle lui annonça qu’elle n’allait plus tarder, plus décidée que jamais à faire aboutir cette rencontre.
Elle s’arrêta dans un village pour se changer, elle passa une paire de chaussures à talons, et troqua son top rouge contre une veste cintrée noire avec un zip central. Elle continua son chemin.
Elle traversa la ville, cherchant le parking sur lequel il lui avait donné rendez-vous, elle le manqua de peu et dû faire demi-tour. Elle se surprit à scruter les établissements, pour trouver l’enseigne d’un hôtel qui pourrait accueillir leurs plaisirs. Elle en vit un et se surprit à sourire.

Elle retourna sur le parking, se gara et le vit se diriger vers elle. Elle sortit de la voiture alors qu’il arrivait. Il avait dû s’attendre à un premier contact physique mais elle le tint à distance d’un simple bonjour. Elle avait des choses à lui faire payer…son manque de disponibilités…ses silences prolongés…ses promesses non tenues…Elle comptait lui faire payer tout cela et très cher, sans rien lui épargner. Il sourit. Il lui proposa d’aller prendre un café de l’autre côté de la rue, histoire de mieux faire connaissance.
Le long du chemin, ils confrontèrent leurs avis esthétiques sur les différentes vitrines des boutiques. Ils parlaient naturellement, sans aucune gêne, entamant un long ballet de séduction. De temps, en temps, il laissait une main légère se poser sur sa taille, sans jamais être trop insistant. Elle ressemblait à un animal sur la défensive, prête à mordre, si son comportement lui déplaisait, il devait apprendre à l’apprivoiser, et il savait que dans cette première phase, il n’avait pas droit à l’erreur, mais il se sentait sûr de lui. Et puis, les choses acquises trop facilement ne lui donnaient jamais de pleines satisfactions, il avait l’esprit d’un conquérant, et cette belle pouliche allait l’apprendre.
Il lui tint la porte pour entrer dans le café. Elle apprécia cette marque d’élégance de sa part. Ils s’installèrent, elle choisit la banquette, arguant qu’elle était arrivée la première et que victorieuse, elle prenait le meilleur. Il sourit et lui répondit, que quoi qu’elle lui fasse subir, il n’allait pas se laisser faire, et qu’il allait lui donner du fil à retordre. Et sur ce fait, il s’installa à côté d’elle, sur la banquette.
Elle ne s’était pas imaginée cela, cette proximité physique la troublait. Elle avait envie de jouer de son regard et de ses sourires pour l’aguicher, elle avait prévu de frôler ses chevilles du bout de sa chaussure et là, il était assis à côté d’elle, tout prés d’elle, si prés…Elle avait prévu de tout maîtriser et elle perdait pied…
28 août 2009
surprise réussie 7
Hmmmmmmmmmmm habitude changée...Il vous faudra imaginer la suite de la rencontre entre Alicia et Lucas...
Mon imagination a assez travaillé ces derniers temps, je vous laisse la place...Allez une petite photo quand même...sourire

27 août 2009
surprise réussie 6
Il m’entraîna à sa suite, dans la pièce suivante, une pièce allant des tons ocres aux tons plus foncés de terre de sienne. Elle proposait un parcours le long de tables en bois posées contre les murs. Un éveil des sens, alliant la découverte de goûts et d’odorats multiples et variés. Sans me faire goûter, il reprit son manège, il m’enserra dans ses bras et me conduisit au premier présentoir, celui du café.
« Tu vois, lorsque nous serons seuls tous les deux, tu seras aussi chaude que ce café, tes désirs se feront brûlants comme lui et l’arôme que tu dégageras me fera saliver, m’excitera au point d’avoir envie de tremper mes lèvres en toi même si je dois me brûler… »
Je perdais la tête à écouter ses mots qui parlaient à mes sens lorsqu’il m’amena au présentoir suivant, celui de la glace au chocolat.
« Lorsque ma langue viendra découvrir chaque parcelle de ton corps, tu te feras fondante et onctueuse comme cette glace au chocolat, tu onduleras sous mes coups de langue assassins et j’adorerai ça…te tenir au bout de ma langue…décider de ta jouissance. J’irai chercher la pépite au creux de ton entre-jambe du bout de ma langue, tes chairs se feront palpitantes et tu feuleras comme une chatte docile m’offrant ton sexe trempé de ta mouille et de ma salive. Et je te dégusterai encore et encore, me délectant de ton parfum subtil, n’ayant aucune pitié pour tes suppliques, te laissant te liquéfier sous ma langue, pour te laper, te boire, te laisser couler dans ma bouche. »
Je m’appuyais tout contre lui, définitivement conquise par ses mots. Cet homme était le diable en personne pour allumer un brasier rougeoyant au creux de moi sans me toucher, juste avec ses mots, sa voix…Il me soutint jusqu’à un nouveau présentoir, celui des caramels…
« Lorsqu’enfin tu seras humide, gémissante, suppliante, je te tendrai mon sexe comme une confiserie et tu le lécheras encore et encore. Il sera fièrement tendu sous tes coups de langue et tu n’auras qu’une envie, qu’il te prenne, qu’il te pénètre, qu’il t’écartèle… »
Je haletais maintenant sous chacun de ses mots qui faisaient mouche sur chaque parcelle de mon corps. Je perdais la notion du temps et de l’espace, je n’étais plus qu’envie, incandescence, indécence…ouverte, docile...
Me sentant palpiter, il m’entraîna dans la pièce d’à côté. La blanche. Elle était tendue de papier blanc et en son centre se tenait un circuit fait de petits morceaux de sucre debout les uns contre les autres comme de petits soldats disciplinés. Il y en avait des milliers ordonnés côte à côte, entrecoupés de mécanismes ingénieux permettant, au quel cas, de ne pas rompre la chaîne, un véritable travail de titan d’une précision d’orfèvre.
« Comment t’appelles-tu ? »
« Alicia et vous ? »
« Lucas »
Lucas se plaça à la hauteur du premier sucre et me regarda. Je le regardais sans vouloir comprendre…Et tout à coup, il déclencha l’avalanche d’une pitchenette sur le premier sucre…Je retenais une exclamation de surprise , affolée, mais le ravissement prit le pas, et je regardais, fascinée, les morceaux de sucres se coucher les uns sur les autres, s’entrechoquer, se bousculer, se pousser, se basculer tantôt très vite, tantôt plus lentement, actionnant balançoires, billes, leviers, tourniquets, courants, c’était magnifique. Cela dura à peine quelques minutes, puis tout fut fini…Lucas s’avança vers moi.
« Tu vois, tu seras comme ce circuit, parce que je connais tous tes points faibles, tu me cèderas aussi facilement que ces petits sucres, tes barrières cèderont les unes après les autres. Et tu en demanderas toujours plus. Ton plaisir sera infini, tes jouissances seront multiples, tu redécouvriras ton corps sous mes caresses, sous ma bouche, sous ma langue, sous mes doigts et tu me supplieras de te prendre pour apaiser le feu que j’aurai allumé en toi. Tu réagiras à chacun de mes gestes parce que je connais tes envies inavouables, tes plaisirs secrets, et tu quémanderas ma patience…Je te deviendrai aussi indispensable que l’air et l’eau… »
Cet homme allait me faire jouir « cérébralement », je mouillais ma culotte d’excitation contenue.
« Seras-tu là mardi prochain ? »
Prise au dépourvue, j’acquiesçais.
« Et vous ? »
« Peut être… »
Et voilà à nouveau qu’il avait disparu. J’oscillais entre frustration et colère. En quittant la maison bleue, un employé me tendit une rose rouge, celles-ci même qui avaient déclenchées les hostilités des sens entre Lucas et moi…Lucas…
26 août 2009
surprise réussie 5
Je décidais de prendre l’escalier intérieur cette fois-ci pour gagner l’étage supérieur. J’avais hâte de découvrir la nouvelle décoration d’une part, et d’autre part, je n’osais croiser le regard d’un homme de peur de lui donner implicitement le droit de me passer la corde autour…du poignet…
C’était agaçant cette règle, elle me faisait osciller entre le désir de plaire, l’envie de séduire, et la honte de me prêter à ce jeu pervers de laisser toutes les cartes à l’autre… Mon orgueil était tiraillé entre obtempérer ou résister par la fuite.
Le deuxième étage était une suite de pièce en demi-niveaux, chaque pièce avait une couleur dominante, et happait tous les dégradés qui pouvaient en être déclinés…J’atteignais donc une pièce tout en jaune, le mobilier fait de dorures, les tentures, les miroirs aux cadres chargés, les rideaux, les tapis, le parquet blond, jaune d’or, jaune paille, jaune soleil, jaune canari, jaune pâle…c’était éblouissant, curieux aussi, jusqu’aux boissons étaient assorties à la pièce, on y découvrait autant du whisky qu’un monbazillac doré et moelleux…
Je me dirigeais vers la pièce à dominante verte, elle florissait de plantes de toutes sortes, aux feuillages tantôt d’un vert doux, tantôt d’un vert sombre…Un homme que je n’avais pas vu s’approcha alors de moi…
« Permettez-moi de vous céder ma cordelette… »
Je n’eus pas le temps de dire ouf, qu’il avait saisi mon poignet, pour y passer le lien…La méthode n’était pas très subtile mais efficace. Je lui souris gentiment dans l’intention de lui expliquer que j’attendais quelqu’un mais il ne me laissa pas en placer une, se lançant dans un long monologue sur ce qu’était sa vie, tout en me menant vers la pièce bleue.
« Je m’appelle Laurent et vous ? »
C’est tout juste s’il écouta mon prénom, trop occupé à digresser sur son compte, son égotisme commençait à me taper sur les nerfs, mais je fus éblouie par la pièce bleue. Le sol n’en était qu’une immense plaque de plexiglas remplie d’eau, dans laquelle de petits poissons multicolores nageaient. Nous évoluions sur un immense aquarium. Je me baissais pour toucher du doigt ce prodige…
Laurent voulut me mener vers la pièce suivante, mais je n’appréciais pas son snobisme, je n’avais qu’une hâte c’est de me délivrer de ce butor à la diarrhée verbale intarissable !!! J’allais essayer la manière douce…
« Laurent, je ne crois pas que nous allons passer une bonne soirée tous les deux… »
« Ah bon, vous croyez ? Je vous trouve pourtant charmante… »
« C’est gentil mais je préfèrerai que vous me libériez… »
« A mon sens, je trouve que ce serait dommage…Nous avons beaucoup de points communs »
Tssssssss il ne voulait pas comprendre, tant pis pour lui.
« A mon sens, au fur et à mesure que le temps passe, je vous trouve un peu plus insupportable, imbu de votre personne, et détestable, maintenant ôtez-moi ce truc, où vous passerez une très mauvaise soirée »
Je lui tendis mon poignet et il me retira la cordelette. Je poussais un soupir de soulagement. Alors que je me retournais, je le vis, dans la même posture que la dernière fois, adossé nonchalamment au chambranle de la pièce rouge, le regard rieur, un sourire en coin sur ses lèvres, il s’avança vers moi. Mon cœur tressauta dans ma poitrine.
Sa voix était grave, et pourtant persuasive, si douce et pourtant volontaire. Je le lui tendis docilement et il le ceignit d’une fine cordelette…Puis il me prit la main et m’entraîna vers la chambre rouge. La pièce était tendue de soieries rouge grenat, au milieu de celle-ci trônait une grande table ronde sur laquelle était posé un énorme vase garni de roses rouges au parfum entêtant. Les fleurs avaient un éclat de velours, elles semblaient si douces au toucher que je fis abstraction des nombreuses toiles accrochées au mur, Kandinsky, Miro, Delaunay, un florilège de formes et de couleurs.
Je me dirigeais vers ces roses. Il me suivit lié à moi comme j’étais liée à lui. Je tendis ma main libre pour caresser un pétale de ces fleurs captivantes. Il se glissa derrière moi et me murmura à l’oreille d’une voix rauque.
« J’aimerai caresser ta peau dorée de la même manière que tu viens de caresser ce pétale, effleurer ta gorge pour descendre sur tes seins qui palpiteraient sous mes doigts. Je viendrai les envelopper dans les paumes de mes mains, pour en soupeser la masse, le moelleux, puis je viendrai agacer tes tétons d’un pouce taquin. Tu as des seins superbes, lourds, blancs, plantureux, deux fruits mûrs que je voudrai palper, malaxer, croquer… »
Je fermais les yeux, et je me laissais bercer par le son de sa voix, les images associées aux inflexions de sa voix tendirent mon ventre et m’amenèrent inexorablement vers le désir.
« Tends-moi ton poignet »
25 août 2009
surprise réussie 4
J’oscillais entre la déception, la frustration, et l’espoir de pouvoir à nouveau provoquer les sensations délicieuses que j’avais ressenties sous le regard de braise de cet homme dans cette étrange maison…
Stéphanie rit de mon impatience à vouloir revenir le mardi soir d’après…
« Mais dis donc tu as pris goût au mystère et à l’originalité de la Maison Bleue !!! As-tu au moins fait connaissance de quelqu’un ? As-tu laissé ton cœur s’emballer pour un regard, une voix, un sourire ? »
Je restais silencieuse devant ses questions encore emplie du souvenir de cet homme qui avait éveillé le désir en moi, malgré moi, et envers et contre tout. J’avais joué la bêcheuse , peut être en avait-il eu assez de me suivre dans les dédales de pièces de cette maison, peut être avait-il trouvé femme plus réceptive à ses avances…Toujours est-il que je regrettais de n’avoir pas su me calquer sur ses limites et d’avoir perdue une occasion de me frotter à lui…
« Tu ne veux rien me dire ? Soit cela fait partie des règles du jeu…Mais au fait, sais-tu que mardi prochain, une autre règle sera de mise…Et ce sera une surprise comme à chaque fois… »
« Je m’y ferai…J’ai trouvé la décoration de la maison superbe, j’aimerai y retourner rien que pour pouvoir profiter du deuxième étage que je n’ai visité que trop succinctement »
« Alors soit, je repasserai te prendre mardi prochain à la même heure. »
Le mardi d’après, j’étais fin prête et je piaffais d’impatience en attendant mon amie. Mille et unes pensées avaient traversées mon esprit durant cette semaine. Mes rêves m’amenaient tantôt lascive sur les coussins colorés invitant l’inconnu à se joindre à moi pour des caresses audacieuses, tantôt nue dans la piscine, l’œil provocateur, nageant au milieu de la piscine, à attendre que mon inconnu se dévêtisse et vienne me rejoindre dans l’eau pour me baiser « aquatiquement ». Mes nuits étaient plus belles que mes jours, et je rechignais à quitter mon lit pour coller à ma réalité…
J’avais troqué ma longue robe bleue, contre une petite robe rose très colorée, pétillante qui laissait mon dos nu, ma nuque offerte et mes jambes délicieusement exposées. J’avais pris conscience que mon inconnu ne me reconnaîtrait peut être pas puisque je portais un masque la première fois qu’on s’était vus, il ne connaissait ni mon visage, ni ma voix…Peut être ne serait-il même pas là…Il fallait absolument que j’arrête de focaliser sur cet homme, et que je me laisse disponible à tout instant pour une autre rencontre éventuelle.
Lorsque nous arrivâmes, la maison était telle que dans mon souvenir, peut être encore plus belle…Elle avait un charme fou…
Comme la dernière fois à l’entrée, on nous accueillit avec déférence, nous débarrassant du superflu. J’avais hâte de connaître la règle du soir…joueuse, curieuse comme j’étais, cela ne pouvait que m’intriguer…
Ce fut un homme cette fois qui nous dicta les règles.
« Ce soir, vous pourrez déambuler où que ce soit dans la maison, je vous préviens d’ores et déjà que nous avons fait quelques changements de décorations au deuxième étage, que nous vous laisserons le loisir de découvrir si vous en avez envie. Par contre, il vous sera interdit d’aborder un homme. Ce seront les hommes qui vous aborderont, ils ont sur eux une mince cordelette de coton nouée qu’ils vous passeront autour du poignet, vous pourrez discuter avec l’homme qui vous aura ainsi choisi aussi longtemps que cette cordelette sera autour de votre poignet, s’il vous l’enlève, vous serez libérée…et lui aussi. En aucun cas, vous ne devrez vous défaire de cette cordelette vous même !
Etes-vous prêtes à respecter les règles de la soirée ? »
Nous acquiesçâmes toutes les deux. Je fis tout de même remarquer à Stéphanie que ce n’était pas très élégant comme règle de pouvoir se faire jeter par un homme comme bon lui semblait. Elle me répliqua qu’il fallait savoir assumer l’égalité des sexes…Alors voyons voir si je pouvais plaire au point de mériter une cordelette autour de mon poignet…
24 août 2009
surprise réussie 3
Me fixant dans le miroir, je croisais son regard, je détournais d’abord les yeux, gênée de son insistance, puis je relevais la tête pour constater, qu’il était là et bien là, solidement campé sur ses jambes à me fixer, à me détailler. Relevant fièrement le menton, je décidais à mon tour de le détailler dans le miroir.
Un peu plus grand que moi, il portait un costume anthracite et une chemise d’un ton plus clair que son costume avec décontraction, il avait une main dans la poche de son pantalon, et dans son autre main, il tenait un verre rempli de liquide ambré…
Ce n’est pas tant sa mise qui m’intrigua mais son attitude, son regard qui ne se détournait pas de moi, comme si son choix était fait. Je décidais de ne pas lui rendre la tâche trop facile. J’avais envie de jouer…Et cette maison était propice à des jeux de cache-cache délicieux, je verrai bien s’il était aussi joueur que moi…
Je me saisis d’une flûte de champagne et décidais de continuer la visite…Cette fois-ci, je n’étais plus dans la dimension temps mais dans la dimension espace…Je me retrouverais dans une pièce ombrée d’un grand figuier aux odeurs suaves, il se trouvait aux quatre coins de la pièce des tables et des chaises en fer forgé, assortis de petits coussins colorés...Une vigne vierge envahissait un des murs de la pièce, on se croyait en Toscane…Je la traversais sans m’y attarder.
Cette pièce s’ouvrit sur une grande terrasse, et une piscine à l’eau turquoise, des bains de soleil étaient disposés tout autour de la piscine…Plusieurs couples s’y étaient installés et discutaient…
Je jetais un regard oblique pour voir s’il m’avait suivie, et je ne fus pas surprise de le découvrir nonchalamment appuyé une épaule contre un pilier enlacé de clématites aux couleurs vives…Il souriait son verre à la main, mais son regard démentait son sourire. Il n’avait pas l’intention de me perdre dans la foule.
J’avais la sensation de me trouver face à un fauve qui me pistait, qui observait les habitudes de sa proie afin de mieux la piéger. C’était une sensation à la fois effrayante et grisante, de se sentir prise en chasse. Car enfin, c’était une chasse au désir, une recherche de plaisir qui était en jeu et je me savais protégée tant que je n’allais pas m’asseoir quelque part, il ne pourrait pas fondre sur moi.
J’aperçus un escalier en colimaçon en pierre qui montait à l’étage, je décidai de l’emprunter. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que l’homme m’emboîtait le pas, j’entendais ses pas dans les miens, je sentais sa présence proche à travers toutes les fibres de ma peau, je n’osais pas me retourner…Cet ascension parut durer une éternité…Je retenais mon souffle, mes sens percevaient chacun de ses mouvements, je discernais jusqu’à la fragrance de son parfum qui venait m’embaumer…C’était entêtant…J’avais à la fois hâte que cela se termine comme j’aurai souhaité que cela dure et perdure…étrange sentiment, bizarre sensation, déconcertante contradiction…
Je souris intérieurement, me voilà bien femme dans toute sa splendeur, à hésiter entre laisser cet homme m’aborder, ou rester sous le charme du silence et la sensualité de l’inconnu…Je n’eus pas à tergiverser longtemps, alors que j’arrivais dans une des pièce du haut, en me retournant , je constatais que mon bel inconnu avait disparu…Apparemment il connaissait cette maison bien mieux que moi, et il m’avait faussé compagnie…
